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Partage des données de la recherche : quels impacts ?

Paris, 29 septembre 2016

Modèles scientifiques, évaluation, services, compétences…

Les URFIST (Unités Régionales de Formation à l’Information Scientifique et Technique) organisent régulièrement depuis 2002 une « journée nationale d’étude » (JNE). En 2014 le thème d’étude retenu concernait les différentes formes de publication de la recherche et les modes de légitimation ou d’évaluation associés.

L’objectif de l’édition 2016 s’inscrit dans la continuité de la précédente : les données de la recherche (DR) constituent en effet une modalité relativement nouvelle de la publication des travaux, mais également de publicisation des données qui en sont le fondement. Ces Data sous-jacentes sont aussi concernées par le phénomène de l’Open Access dans la mesure où leurs conditions d’accessibilité et de réutilisation, permettent à la connaissance d’avancer, et à l’innovation d’émerger.

Nombreuses sont déjà les contributions qui ont souligné leur masse pléthorique, leur hétérogénéité constitutive, les méthodes d’extraction et de sélection dont elles sont l’objet, ou encore les gains de temps et de moyens que peut procurer leur réutilisation, à des fins de recherche, dans le cadre de nouveaux axes de travail ou de nouveaux projets. Il s’agira ici d’examiner plusieurs catégories de thématiques associées à cette mutation profonde des pratiques informationnelles de recherche. De fait, ce nouveau facteur de production scientifique peut exercer sur les modalités d’investigation et leur impact sociétal une influence dont la portée n’est pas anodine, à la fois en termes de déontologie, d’épistémologie et d’évaluation de la recherche.

Un premier volet de la réflexion aura pour tâche de définir, circonscrire et contextualiser le concept de Données. On examinera en introduction le paysage (inter)national actuel des DR en identifiant leurs acteurs et leur périmètre. Puis on abordera les questionnements épistémologiques soulevés par leur importance croissantes, en tant qu’éléments constitutifs, distincts et identifiés comme tels de la recherche. La dimension importante du cadre juridique de leur potentielle confidentialité et les implications éthiques de la réutilisation des DR dans certains domaines, seront explicitées.

Un second volet fera état des modalités pratiques, tant de la production que de l’exploitation des données : des réalisations européennes seront présentées (en cours notamment aux Pays-Bas) suivies d’autres retours d’expérience. Certains contextes très spécifiques, comme celui des thèses, qui constituent un vivier de données trop souvent méconnu, méritent de ce fait même une attention toute particulière. Enfin, on mettra l’accent sur le dialogue entre chercheurs et professionnels de l’information. Ceux-ci sont en effet à même de proposer des services, tant au sein des organismes de recherche et des laboratoires que dans le cadre des bibliothèques ou d’institutions nationales ayant en charge l’Information Scientifique et Technique (IST). La formation dans ce domaine et les « services d’accompagnement des chercheurs » représentent un dispositif stratégique essentiel.

Nous conclurons cette journée par une approche pragmatique, en évoquant une étape désormais quasi indispensable au montage d’un projet de recherche d’envergure internationale : le Data Management Plan (DMP), ou « plan de gestion des données » (PGD), qui porte au premier plan la nécessité d’une réflexion approfondie sur les tenants et aboutissants de ce nouveau paradigme, réflexion à laquelle cette 6ème Journée nationale d’étude du Réseau des URFIST voudrait contribuer utilement.

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